Chapitre xxxix comme quoi, grace a l’ingeniosite de maurin, les gonfaronnais virent enfin voler un ane


Don Melchior de la Cruz, dit-il, savez-vous ou vous etes, et en presence de qui vous vous trouvez? –Je le sais, repondit-il les levres serrees. Tu m’attendras a la porte. De ce Maurin, pas moins! que galegeaire! disait-on a la ronde. Il devinait tres bien leur plan qui etait de le laisser s’engager dans l’ile et de lui couper ensuite toute retraite vers son embarcation. P’tite Lucie n’est plus pucelle, Tant pis pour elle! C’est Lucien qui l’ lui a pris, Tant mieux pour lui! Elle pleura d’abord la petite rouge, elle pleura quand ses compagnes la chansonnerent. . L’enfant sortit, content. Voila ce que j’ai dit. En attendant, elle les examinait et l’attitude de Maurin la frappait d’admiration. . Je prends les faisans, que je les ai merites en tirant droit. . Le lendemain, vers neuf heures du matin, le comte fut averti qu’un cavalier vetu a l’europeenne, et suivi d’un arriero, conduisant deux mules chargees de malles et de coffres s’approchait de l’hacienda. Enfin, Maurin est un brave homme, monsieur le prefet, tout le pays vous le dira; c’est un revolutionnaire de gouvernement. Le jour meme ou commence notre histoire, au moment ou le soleil encore au-dessous de l’horizon commencait a rayer le bleu sombre du ciel d’etincelantes gerbes de pourpre et d’or, un rancho, construit en roseaux juxtaposes et ressemblant, bien qu’il fut assez vaste, a une cage a poulets, offrait un aspect anime fort singulier a une heure aussi matinale. Je vous avoue que bien souvent je me dis au contraire (et j’en demande pardon a Maurin) que la masse est aveugle, stupide et indecrottable. Pas grand chose, mi amo, repondit-il, il n’est venu qu’un capitaine aide-de-camp de Son Excellence le President. Miramon le decacheta et le parcourut rapidement des yeux. Courtisee plus que toute autre, a cause de son rang et de sa beaute, la comtesse de Gorde sut par un tact subtil et une conduite irreprochable decourager la fatuite des hommes et desarmer la medisance des femmes. Madame, repondit la vieille proxenete d’un ton grave, je n’ai pas l’honneur de vous connaitre; mais je sens, rien qu’a vos paroles, une personne de ce monde, le grand monde qui m’est cher et auquel j’appartiens par droit de naissance.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.